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Un article traduit de l’anglais par Chloé Saint Guilhem, formatrice certifiée Hand in Hand
Pas moins de 80 % des adultes ont le sentiment que leurs parents ne les aimaient pas vraiment lorsqu’ils étaient enfants (1). Cela a des répercussions négatives sur la santé mentale des enfants. Bien sûr, nous aimons tous nos enfants plus que tout au monde, mais parfois, notre amour est étouffé par des sentiments de dépassement, d’épuisement, de solitude et d’inquiétude.
Au fond de nous, nous voulons simplement que nos enfants se sentent aimés et qu’ils se sentent bien, quelles que soient les difficultés qu’ils rencontrent dans la vie. Ce n’est pas le manque d’amour qui empêche nos enfants de se sentir appréciés. C’est le fait que nous, les parents, devons travailler dur avec peu de soutien, ce qui crée de nombreux obstacles qui peuvent empêcher notre amour d’atteindre le cœur de nos enfants.
Dans le cadre du projet Cercle de Sécurité (2), basé sur la théorie de l’attachement et mené par des thérapeutes cliniques réputés, la « joie » est considérée comme la qualité essentielle que les parents doivent manifester pour favoriser la santé mentale de leurs enfants. Plus que tout, les enfants ont besoin que nous ressentions de la joie lorsque nous sommes avec eux, car cela leur permet de se sentir profondément appréciés et acceptés tels qu’ils sont.
Mais la vie des parents est bien remplie. Il peut être difficile de trouver du plaisir à élever des enfants compte tenu des nombreuses pressions qui pèsent sur nous. En plus du travail essentiel que nous accomplissons en prenant soin de nos enfants, nous devons jongler entre gagner notre vie, préparer les repas, faire la lessive, etc. Il peut être difficile de se rappeler de s’arrêter et de simplement profiter de nos enfants.
Un coup de pouce pour la santé mentale des enfants
Il existe une pratique que tu peux adopter pour aider ton amour à atteindre le cœur de ton enfant. Elle est incroyablement puissante. Même les parents très occupés peuvent l’intégrer dans leur vie. Et si tu le fais régulièrement, tu constateras de grands changements dans ta relation avec ton enfant. Il deviendra plus coopératif, plus affectueux et plus détendu. Et tu te sentiras probablement plus proche de lui, plus conscient.e de son monde intérieur et plus heureux.se de qui il est.
Cela s’appelle le “Temps Particulier“(3). Voici comment cela fonctionne :
- Dis à ton enfant que pendant le Temps Particulier, tu feras tout ce qu’il veut. Tu lui donnes les rênes de la relation. Il passe une grande partie de sa journée à faire ce que les autres veulent qu’il fasse. Inverser les rôles soulage ton enfant et lui permet de te montrer des choses qu’il n’a normalement pas l’occasion de révéler.
- Informe ton enfant à l’avance du moment où tu vas lui offrir un Temps Particulier, par exemple après le déjeuner ou le samedi. Cela lui permettra de réfléchir à la manière dont il va profiter de ton attention.
- C’est toi qui décide de la durée. Par exemple “Après le déjeuner, nous passerons 20 minutes en tête-à-tête”, et tu veilles à ce que rien ne vienne interrompre ce moment. Les téléphones sont éteints et le rangement attendra. Tu accordes toute ton attention à ton enfant.
- Règle un minuteur. Cela peut sembler un peu étrange au début, mais tu verras que cela fonctionne beaucoup mieux avec un minuteur. Une partie du pouvoir du Temps Particulier vient du fait que c’est ton enfant qui décide. Si tu dis que c’est fini, tu conserves une partie du pouvoir. Le minuteur permet à l’enfant de garder l’avantage et tu continues à jouer jusqu’à ce qu’il sonne.
- Fais tout ce que ton enfant veut faire. Vraiment, tout. La seule exception est qu’il est important de fixer gentiment des limites s’il veut faire quelque chose qui pourrait blesser quelqu’un ou quelque chose. Essaie d’être enthousiaste à propos de ce qu’il choisit de faire, même si cela te fait grogner intérieurement.
- Donne tout ton amour et ta chaleur à ton enfant. Réjouis-toi de tout ce qu’il te montre. C’est l’ingrédient magique. En donnant tout ton amour à ton enfant pendant qu’il mène le jeu, tu lui donnes le sentiment d’être pleinement accepté et apprécié pour ce qu’il est. Lorsque tu abordes le Temps Particulier avec un air intéressé et plein d’attente, il te montrera de nouvelles choses, sachant qu’il sera toujours content de toi quoi qu’il arrive.
- Suis les rires. Si quelque chose fait rire ton enfant, continue à le faire. Le rire est un remède si puissant qu’il aide à dissiper les peurs et la gêne et nous rapproche : c’est “… la distance la plus courte entre deux amis” (4). Et tu profites de toutes ces bonnes sensations : tu te connectes au cerveau de ton enfant grâce aux rires et à l’amour que tu lui offres.
Voici comment Justine, une maman de Melbourne, a mis en place des Temps Particuliers réguliers :
Chaque fois que ma fille de 7 ans me demandait de jouer, j’étais toujours occupée. “Une minute, je mets une lessive en route, j’arrive tout de suite”, disais-je, tout en pensant “tout sauf jouer “. Une fois, j’ai même dit à une amie : “Je préfère nettoyer les toilettes plutôt que de jouer”.
Lorsque j’ai essayé pour le Temps Particulier les premières fois avec ma fille, je ne tenais pas plus de 5 minutes et c’était difficile. Je devais vraiment me concentrer pour être présente. Je regardais secrètement les minutes passer et j’avais hâte que ce soit fini. Je me sentais comme une mauvaise mère : pourquoi n’arrivais-je pas à profiter de ce moment ?
J’ai persévéré et j’ai passé plus d’une semaine à essayer le Temps Particulier chaque jour pendant 5 à 10 minutes. C’est devenu un peu plus facile chaque jour, mais pas tout le temps : quand j’étais fatiguée, c’était difficile. Au bout d’une semaine, j’ai remarqué quelque chose d’intéressant : ma fille était désormais plus heureuse de faire toutes sortes de choses qui lui posaient auparavant des difficultés, comme sortir de la maison pour aller à l’école le lundi, se brosser les dents, s’adapter lorsque les plans changeaient et prendre sa douche. Elle mettait même son linge sale dans le panier !
Cela a également créé un véritable refuge pour nous deux. Nous avons commencé à rire davantage pendant nos jeux et tout se passait plus facilement. Cela a influencé d’autres aspects de notre vie, renforçant notre complicité et notre confiance. Nous nous regardions plus souvent dans les yeux et nous nous sourions à travers la pièce.
Parfois, les enfants utilisent le Temps Particulier simplement pour faire des choses qu’ils aiment, comme jouer à la poupée, faire du vélo ou lire ensemble. D’autres fois, ils nous poussent à faire des choses qui nous mettent mal à l’aise, mais qui ne sont en réalité pas graves. Ils peuvent ainsi nous montrer tout ce qu’ils aimeraient faire mais ne peuvent pas faire d’habitude, et nous voir enchantés à leurs côtés tandis qu’ils le font ! L’un de mes souvenirs les plus mémorables est lorsque j’étais enceinte de 7 mois et que mon fils de 4 ans m’a aspergée avec un tuyau d’arrosage pendant 10 minutes ! Il riait aux éclats. Et moi aussi (avec quelques cris aigus). D’autres fois, les enfants utilisent le pouvoir de notre attention pour essayer de faire quelque chose qu’ils trouvent difficile, comme faire des sauts périlleux sur le trampoline ou écrire leur nom.
Les enfants ADORENT le Temps Particulier
J’ai récemment demandé à quelques enfants ce qu’ils en pensaient :
“C’est spécial, il n’y a que moi et personne d’autre. J’aime bien”, un enfant de 3 ans
“J’aime bien. C’est agréable”, a déclaré un enfant de 4 ans.
“J’aime le Temps Particulier parce que je passe du temps seul avec maman et qu’on ne passe pas beaucoup de temps ensemble, juste tous les deux. C’est agréable. Je pense que les autres enfants aimeraient ça”, un enfant de 8 ans
Une maman suédoise raconte une histoire magnifique sur l’importance du Temps Particulier, même s’il peut sembler banal vu de l’extérieur :
« Cet été, nous avions prévu de visiter l’équivalent de Disneyland en Suède. Nos garçons, âgés de 5 et 7 ans, n’y étaient jamais allés et attendaient cette visite avec impatience depuis des mois. Le parc d’attractions était loin et très cher, nous avions donc prévu d’y passer toute la journée, d’arriver tôt et de rester jusqu’à la fermeture, bien après l’heure du coucher des garçons.
Sachant à quel point ils étaient grincheux lorsqu’ils ne dormaient pas suffisamment, nous les avions préparés à enfiler leur pyjama et à aller directement au lit dès notre retour à la maison, ce qui signifiait pas de Temps Particulier ni de brossage de dents. Les garçons se sont regardés avec des yeux écarquillés lorsque je leur ai annoncé cela et ont demandé à en discuter entre eux dans une autre pièce.
Ils sont revenus en disant qu’ils préféraient quitter le parc d’attractions quelques heures plus tôt afin de pouvoir rentrer à la maison à temps pour profiter de leur Temps Particulier ! Et comme ils ont droit à ce Temps Particulier tous les jours, cela aurait signifié manquer un seul jour sur les 365 que compte l’année ! »
En essayant le Temps Particulier dans ta famille, tu constateras peut-être que :
C’est difficile à mettre en pratique. À première vue, le Temps Particulier semble très simple, mais il peut s’avérer étonnamment difficile à mettre en place pour les parents. Ce n’est pas de notre faute. Le manque de soutien dont nous bénéficions en tant que parents peut rendre difficile de trouver l’énergie nécessaire pour consacrer du temps à nos enfants. De plus, il y a peu de chances que tu aies reçu autant d’attention lorsque tu étais enfant. Tu pourrais également te surprendre à être distrait.e et à vouloir ranger, à jeter un coup d’œil à ton téléphone ou à rêver à autre chose. Si tu as du mal à mettre en pratique le Temps Particulier ou si tu te laisses facilement distraire, c’est peut-être le signe que tu as besoin d’aide. Il peut être très utile de trouver quelqu’un qui t’écoute pendant que tu explores tes résistances.
Il faut faire preuve d’habileté pour présenter cette idée aux adolescents et aux préadolescents. Si tu suggères à ton adolescent de passer du Temps Particulier avec toi, cela risque de tomber à plat. Tu devrais faire preuve d’un peu de ruse. Une maman qui participait à une session de formation initiale à l’approche Hand in Hand avec moi a dit à son fils de 12 ans à voix basse : “Hé, je pense qu’on pourrait s’échapper et passer une heure ensemble quand j’aurai fini de travailler, personne ne le remarquera et je ferai tout ce que tu voudras, qu’en dis-tu ?” Le ton “Soyons un peu coquins” a beaucoup plu à son fils et ils ont prévu d’aller à la plage pour faire un peu de surf ensemble.
Un enfant évoque des difficultés passées. L’une des choses qui rend le Temps Particulier si bénéfique pour la santé mentale d’un enfant est qu’il lui offre un espace où les sentiments non résolus peuvent refaire surface. Un Temps Particulier régulier aide l’enfant à se sentir en sécurité et il en profitera pour aborder des problèmes qu’il n’a pas encore complètement assimilés. Par exemple, il peut devenir plus collant avec toi. Il s’agit en fait d’un progrès : il te fait confiance pour être là pour lui, donc il veut surmonter ses difficultés enfouies.
Un enfant te montre d’anciennes blessures. Lorsque tu commences à instaurer le Temps Particulier, ton enfant se sent suffisamment en sécurité pour te montrer ce qui le contrarie. Il n’est pas rare qu’un enfant se fâche pour une petite chose pendant, à la fin ou peu après le Temps Particulier. Il utilise la sécurité que lui procure ton attention pour se débarrasser de vieilles blessures et a simplement besoin que tu restes à ses côtés pendant que sa tempête émotionnelle passe. Tu remarqueras probablement qu’il se sent plus léger et plus affectueux après avoir évacué un poids émotionnel.
Patty Wipfler, fondatrice de Hand in Hand Parenting, explique : “Offrir à ton enfant un Temps Particulier est une forme active d’écoute, dans laquelle le jeu de ton enfant devient un moyen de te parler de sa vie et de ses perceptions.” Et le Dr Laura Markham, psychologue clinicienne, résume bien cela : “Qu’y a-t-il de si spécial dans le Temps Particulier ? Il transforme notre relation avec notre enfant. Et comme cette relation représente 90 % de notre rôle de parent, il n’y a rien de plus spécial que cela !”
- D’après des conversations avec la thérapeute Joane Goulding de Melbourne en 2013 et 2015. Ces données sont basées sur son expérience clinique de plus de 40 ans, au cours de laquelle elle estime que seulement 20 % des adultes grandissent en se sentant aimés et acceptés par leurs parents tels qu’ils sont. Ces données sont également corroborées par les recherches de Brene Brown citées dans “Power of Vulnerability”.
- Extrait des ateliers de formation Cercle de Sécurité en 2007.
- Créé par Patty Wipfler, fondatrice de Hand in Hand Parenting. Pour plus d’informations, “Écoute : Les outils indispensables pour se connecter à son enfant” ou la série de livrets “À l’écoute des enfants.”
- Victor Borge, comédien, chef d’orchestre et pianiste danois.
Dans la boîte à outils “Hand in Hand” :
Rapproche-toi de ton enfant en seulement cinq minutes. Envoie-moi l’ebook !
Le Temps Particulier avec un enfant en bas âge
Comment faire un Temps Particulier avec plusieurs enfants
Le “Temps Particulier” d’urgence aide un enfant agressif
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Rachel Schofield
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