“Je ne veux pas !” Comment réagir face au refus de ton enfant

“Je ne veux pas !” Comment réagir face au refus de ton enfant

Guide du parent bienveillant pour amener tes enfants à faire quelque chose

Tu es dans la dernière ligne droite. Le dîner est prêt. Les jouets ont été rangés. Les pyjamas sont enfilés. Tu as des livres d’histoires à la main, et il ne reste plus qu’une chose à faire.

« C’est l’heure de te brosser les dents », dis-tu à ton enfant de 5 ans… Qui te regarde avec dégoût, crie « NON ! » et part en courant dans la direction opposée.

Tu te demandes pourquoi tu es surpris. Il fait ça presque tous les soirs. Alors que tu t’affales sur le canapé, tu passes mentalement en revue tes options.

Tu pourrais le sortir de sous le lit où tu sais qu’il se cache, et l’emmener de force, alors qu’il se débat et hurle, jusqu’à la salle de bain (en lui rappelant qu’il doit se brosser les dents pour éviter les caries).

Tu pourrais céder et lui dire qu’il devra se brosser les dents demain (et faire face à la même dispute encore une fois).

Tu pourrais lui proposer un échange. Un livre en plus et une chanson en échange de sa coopération. (Mais tu sais qu’il va faire traîner les négociations et que ta frustration va atteindre des sommets.)

Le soudoiement, les récompenses et le fait de forcer un enfant ne fonctionnent pas à long terme

Quand nos enfants refusent de faire ce qu’il faut, on a l’impression d’avoir peu d’options. Et aucune des stratégies ci-dessus ne s’avère utile à long terme. Forcer un enfant à faire quelque chose semble dur et sape la confiance. Céder, montre à l’enfant que lorsqu’il déraille, tu cèdes, et cela lui confère une autorité excessive pour son jeune âge. Quant au troc et aux récompenses, il a été démontré qu’ils réduisent la motivation intrinsèque des enfants ; en outre, ils perpétuent le conflit entre vous.

Mais il existe une autre approche que tu peux utiliser lorsque tu décides que quelque chose doit vraiment être fait.

La vraie raison pour laquelle les enfants disent non

Quand un enfant refuse de faire ce que tu lui demandes, il y a des raisons cachées. Nos enfants ne disent pas « non » délibérément juste pour nous agacer. Quand ils disent « non », c’est parce que leurs sentiments et leurs émotions ont pris le dessus sur leur capacité à réfléchir et à coopérer. Dire « Non ! » est un signal qui indique qu’ils ont besoin de ton attention sur le sujet. Les options énumérées ci-dessus sont des solutions temporaires qui reposent soit sur l’exercice d’un pouvoir sur un enfant déjà anxieux, soit sur le renoncement à trouver une solution saine qui vous satisfasse tous les deux.

Pour en savoir plus, télécharge notre guide gratuit Comprendre les émotions des enfants. Découvre comment les émotions de ton enfant peuvent contribuer à un comportement difficile et comment y remédier.

Cet article te présentera une nouvelle approche qui favorise la confiance, le partenariat et la co-régulation. Tu découvriras une manière bienveillante de travailler avec ton enfant. Tu dissoudras les sentiments qui alimentent sa résistance jusqu’à ce qu’il soit heureux de faire partie de la solution.

Garder une attente sereine lorsque ton enfant refuse

Avec un peu d’anticipation, ton enfant se sentira bientôt capable de faire davantage de choses que tu lui demandes.

Cette approche te propose un plan en sept étapes pour t’aider à :

  • Identifier les attentes à maintenir.
  • Parvenir à un stade où toi et ton enfant êtes prêts à collaborer pour accomplir les tâches.
  • Commencer à réduire la résistance de manière encourageante.

Tu peux considérer cela comme les “Sept C’s pour formuler une attente”.

Les Sept C’s sont les suivants :

  • Processus Continu : Lorsque tu fixes des limites, adopte une vision à long terme
  • Choisir : Décide sur quelle demande tu veux travailler
  • Cultiver : Prépare le terrain avec toi-même et ton enfant
  • Communiquer/Consentir : Fixe tes attentes quand tout est calme
  • Confiance : Maintiens tes attentes
  • Calme : Réponds calmement et de manière constructive quand ton enfant dit non
  • Considération : Réponds en écoutant et en faisant preuve de bienveillance quand ton enfant dit non

On pense souvent que fixer des limites, c’est quelque chose qui doit se faire rapidement, dès qu’on le demande, et sans attendre. Et on cherche des solutions rapides quand on n’obtient pas une obéissance immédiate. Dans cette nouvelle approche, il est important de voir la fixation de limites comme un projet continu. On ne travaillera pas sur la résistance elle-même, mais sur la cause de cette résistance. Ça demande une vision à plus long terme, mais ça apportera une transformation durable.

Décide sur quelle demande tu veux travailler

Si ton enfant résiste au réveil, au petit-déjeuner, à l’école, au rangement de ses affaires et au coucher, il peut être difficile de savoir par où commencer. Et il est tentant de vouloir tout régler d’un coup !

Ne le fais pas.

Choisis un problème et concentre-toi dessus.

Décide quelle limite est la plus importante pour toi, et pourquoi (on approfondira ce sujet dans la section « Poser les bases avec toi-même »), puis trouve un bon moment pour aborder le sujet quand tout est calme (et avant que tu aies besoin que ce soit fait).

Poser les bases

Aborde la résistance sous deux angles : le tien et celui de ton enfant.

Préparer le terrain avec ton enfant

Quand on s’entend bien avec quelqu’un, on lui fait davantage confiance et on est plus à même de répondre à ses demandes. Avant d’avoir des attentes, assure-toi donc de te sentir en phase, ouvert.e et proche de ton enfant.

Il existe plusieurs bonnes façons de créer cette proximité. Partager du temps à faire ce que ton enfant choisit, rire souvent et jouer ensemble sont autant de moyens utiles pour renforcer ce lien. Utiliser le Jeu-écoute et le Temps Particulier de l’approche Hand in Hand crée naturellement des occasions d’interagir d’une manière qui favorise la proximité au quotidien.

Le Temps Particulier – une invitation à jouer où tu accordes à ton enfant un temps précis pour choisir ce qu’elle veut faire et comment tu vas participer – est un outil génial à utiliser souvent. Ça aide ton enfant à vraiment ressentir la chaleur de ton attention. Une fois que tu as identifié un schéma de résistance face à une tâche, tu peux renforcer encore plus le lien en lui offrant cinq ou dix minutes de Temps Particulier avant d’attendre d’elle qu’elle fasse quelque chose. Si la résistance de ton enfant face à une tâche est liée à un besoin d’attention de ta part, tu verras peut-être même sa résistance disparaître complètement après quelques Temps Particulier intensifs.

Tu peux télécharger notre livret sur le Temps Particulier ici.

Tu peux également essayer d’utiliser le Jeu-écoute  autour des tâches et des attentes de la manière suivante :

  • Inverse les rôles et fais semblant de ne pas avoir envie de faire quoi que ce soit. Exagère un peu et joue le jeu, mais ne continue que si tu vois que ça fait rire ton enfant.
  • Mets en place une routine de jeux physiques et ludiques, avec beaucoup de rires. Par exemple, alors que je m’efforçais de remédier à la résistance fréquente de mon fils, on a joué à davantage de jeux de chahut, généralement avant de commencer notre routine du coucher.

Le Jeu-écoute t’aide à aborder la résistance de manière indirecte, en utilisant le rire et le jeu, et peut être un moyen puissant de transformer les « non » de ton enfant en « oui ».

Prépare le terrain pour toi-même

Fixer des limites concerne autant nous que nos enfants. Même si le refus d’un enfant peut sembler être son problème, il peut aussi déclencher une vague d’émotions chez nous. Il est utile de commencer à fixer une attente ou une limite après s’être soi-même ancré et mis à l’aise avec celle-ci.

Par exemple, lorsque mon fils a soudainement refusé d’aller à la maternelle pendant plusieurs matins d’affilée, j’ai commencé à faire mon propre travail de fond. J’ai vérifié si je pensais toujours que la maternelle lui convenait, et je me suis demandé une nouvelle fois s’il était prêt pour ça. Ma réponse était « oui » aux deux questions, alors j’ai continué à m’attendre à ce qu’il y aille.

J’ai fait le point sur ma réflexion en utilisant un Partenariat d’écoute, une méthode qui permet d’aborder ce qui se passe dans ta tête, de vérifier les préjugés issus de ta propre éducation et de faire l’expérience du type de soutien émotionnel que tu aimerais offrir à ton enfant. Il existe de nombreux endroits où trouver un parent qui pourrait être disposé à échanger gratuitement du temps d’écoute avec toi, notamment au sein de notre communauté Hand in Hand, et le processus est simple. Disposer d’un espace pour clarifier ce que tu penses des limites en général, et pour évacuer les sentiments que tu éprouves concernant l’attente particulière que tu souhaites avoir pour ton enfant, t’aidera à te sentir à l’aise avec le fait de fixer cette limite. Les Partenariats d’écoute t’offrent un espace où tu te sens écouté.e et soutenu.e.

Voici quelques idées à tester pendant ton moment d’écoute lorsque tu travailles à formuler une attente.

Un partenaire d’écoute te montre l’exemple en ayant une attente à ton égard

Un bon point de départ consiste à partager les domaines dans lesquels tu as du mal à répondre aux attentes dans ta propre vie. Les impôts ? Plier le linge ? Être à l’heure ?

Demande à ton/ta partenaire d’écoute de porter l’attente sur laquelle tu travailles : « C’est l’heure de remplir ta feuille de dépenses. » Son rôle est de t’aider à identifier les sentiments précis qui sous-tendent ta résistance. Il ne s’agit pas de te forcer à faire ce à quoi tu résistes !

Tu peux alors dire tout ce que tu veux, sans aucune censure :

« Je ne veux pas ! »

« Fais-le toi-même ! »

« Je le ferai plus tard ! »

Ton/Ta partenaire d’écoute peut simplement t’écouter avec toute son attention ou, si cela t’aide, il/elle peut te proposer une phrase (tu peux convenir de cela avant que la séance d’écoute ne commence). Essaie : « C’est le moment de le faire », ou « La feuille de dépenses ! », ou « Je suis sûr que tu peux le faire… et à cet instant, montre-moi à quel point c’est difficile. »

Tu sentiras des émotions monter en toi : tu pourrais te sentir gêné.e, coupable, insulté.e… les réactions possibles sont innombrables ! Si tu te sens suffisamment en sécurité, tu libéreras la tension que tu ressens par un éclat de rire, une crise de colère, une légère transpiration ou en pleurant pour exprimer à quel point tu te sens dépassé.e ou épuisé.e.

Une fois que tu auras géré ces sentiments, va un peu plus loin. Demande-lui : « Raconte-moi la première fois où tu n’as pas aimé faire ce que tu étais censé.e faire. »

Rien de tel que de se mettre à la place de l’autre pour développer de l’empathie, et cette fois-ci, tu vas voir le monde du point de vue de ton enfant. Tu vas aussi découvrir ce que c’est que de fixer des limites tout en répondant aux attentes avec le soutien de quelqu’un qui t’écoute. Tu auras un rappel bienveillant de l’attente et la permission de gérer tes sentiments en présence d’une personne attentionnée.

Cela rendra beaucoup plus facile, d’accorder une permission similaire à ton enfant.

Décharge-toi de tes sentiments concernant les comportements de ton enfant dans ton Partenariat d’écoute

Tu peux aussi demander à ton partenaire d’écoute de jouer le rôle de ton enfant récalcitrant, puis de laisser libre cours à toutes les réactions que tu ressens à l’intérieur. Cela te donne l’occasion de commencer à les gérer.

Si tu trouves difficile de fixer des limites de cette manière, ce n’est pas grave.

Beaucoup d’entre nous ont peut-être du mal à imaginer à quoi ressemble le fait de maintenir une attente avec calme et bienveillance, car cela s’éloigne tellement de la façon dont nous avons été élevés. Il est naturel d’éprouver des difficultés à faire quelque chose que nous n’avons jamais vécu. Ton/ta partenaire d’écoute peut te montrer ce que tu as peut-être du mal à imaginer, en jouant le rôle de celui qui fixe une limite bienveillante avec toi, ou autour des tâches auxquelles ton enfant résiste.

Avec cette approche simple, pas besoin de récompenses, de conséquences, de cris ou de punitions. Tu peux diriger avec une autorité sereine et obtenir la coopération de ton enfant, même si tu as déjà tout essayé pour gérer son attitude de défi.

Une fois les bases posées, tu peux commencer à travailler sur le refus de ton enfant. Commence par fixer la limite quand tout est calme et que tu te sens en forme. Tu peux par exemple annoncer : « On ira à l’école après le Temps Particulier et le petit-déjeuner, à 8 h. »

Le fait d’annoncer la limite à l’avance offre une marge de manœuvre utile.

Si ton enfant répond « D’accord ! » et qu’il est d’accord au moins à ce moment-là, tu peux discuter des moyens de faciliter les choses. « J’ai remarqué que c’était difficile pour nous de nous préparer, que puis-je faire pour toi afin que tu puisses profiter de ta journée à l’école demain ? »

S’il est bouleversé à la simple idée de cette attente, c’est qu’il est prêt à travailler sur la tension qu’il ressent.

Tu peux choisir de l’aider sur-le-champ. Une première étape pourrait être une intervention ludique. Avec un enfant qui résiste à l’idée d’aller à l’école, tu pourrais lui dire sur le ton de la plaisanterie : « Moi non plus, je n’en ai pas envie ! Restons ici et blottissons-nous l’un contre l’autre pour toujours. Pas de pause pipi, pas de pause déjeuner, juste des câlins, des câlins et encore des câlins », et fais-lui un câlin.

Observe sa réaction. Si ton enfant répond à ton approche ludique par un sourire ou un rire, continue. Cela détend les sentiments bloqués et les met un peu en lumière, de sorte que la prochaine fois que tu exprimeras cette attente, elle ne lui paraîtra peut-être pas aussi stricte. Lorsque les sentiments de ton enfant sont vraiment bloqués, il peut s’agiter ou se fâcher à la simple mention de ton attente, ou en réponse à ton Jeu-écoute. Dans ce cas, Reste-écouter. Il s’agit de rester près de lui et de l’écouter calmement et avec bienveillance pendant qu’il s’emporte et pleure à propos de cette attente.

L’image que j’utilise dans mon esprit pendant ce processus est celle d’un enfant creusant un tunnel à travers une dune de sable. Son travail consiste à continuer de creuser (en exprimant ses sentiments) jusqu’à ce qu’il traverse le tunnel et sorte à la lumière. Mon travail, en tant que parent, est de tenir la lampe de poche, en lui montrant : « Par là ! Tu peux arriver de l’autre côté. »

Voici maintenant ce que tu attendais sans doute. Fixer – et maintenir – une limite. Le processus est essentiellement le même, quelle que soit la limite que tu souhaites fixer.

  1. Approche-toi et fixe la limite, avec chaleur et fermeté, en gardant un contact visuel.
  2. Écoute les sentiments de ton enfant
  3. Réitère la limite, calmement.

Voici quelques exemples.

Maintenir une attente concernant le bain :

Tu as préparé le terrain. Tu es tout à fait certain.e de vouloir que ton enfant prenne son bain, et tu sais clairement pourquoi. Vous êtes tous les deux d’accord pour que ton enfant prenne un bain régulièrement, mais quand tu lui dis que c’est l’heure du bain, il proteste. Tu l’écoutes pendant une minute. Puis tu t’approches, tu lui prends les mains, tu le regardes dans les yeux et tu lui montres la direction de la salle de bain. « C’est l’heure du bain », dis-tu. Ensuite, tu écoutes ses protestations, en veillant à ce qu’il ne se distraie pas avec une autre activité. « Non, pas de coloriage maintenant. C’est l’heure du bain. »

Fixer des attentes concernant le brossage des dents :

Si ton enfant a accepté de se brosser les dents matin et soir, tu peux lui montrer la brosse à dents et dire : « Prêt ? C’est l’heure de se brosser les dents. » S’il se débat, assieds-toi tranquillement avec lui, avec la brosse à dents et le dentifrice. Quand les pleurs ou la crise s’atténuent, ramène l’attention de l’enfant sur ce que tu attends de lui : « C’est l’heure de se brosser les dents. »

Si ton enfant se fâche ou pleure à cause de ce que tu attends de lui, tu sais qu’il est en train de se débarrasser des sentiments qui le poussent à réagir. C’est le signe que quelque chose de positif est en train de se passer. La tension se relâche. Ton affection se déverse. Ça prend du temps, mais tu obtiendras des résultats !

Des réponses calmes et constructives à utiliser quand ton enfant dit non

Lorsque l’attente est formulée avec gentillesse, le rôle de ton enfant est de te montrer pleinement ce qu’il ressent à l’intérieur. Tout ce que tu as à faire, c’est d’accorder à ton enfant ton temps et ta présence. Voici quelques étapes à suivre lorsque ton enfant ne peut pas répondre à l’attente après avoir initialement accepté, et lorsqu’il commence à pleurer ou à se mettre en colère.

1) Écoute autant avec tes yeux qu’avec tes oreilles et essaie d’être pleinement présent.

2) Assure-toi que tout le monde est en sécurité. Si ton enfant s’en prend au papier toilette et le déchire, par exemple, tu peux considérer cela comme un moyen sûr pour lui d’exprimer ses sentiments, mais s’il soulève une chaise dans l’intention de la lancer, il faut l’en empêcher. Dis-lui immédiatement : « Non, je ne peux pas te laisser faire ça. C’est dangereux. » Arrête-le rapidement mais calmement, avec ton corps.

3) Vérifie en toi-même si tu as le temps et la patience de continuer à « Staylistening ». Si c’est le cas, passe à l’étape 4 ; sinon, passe directement à l’étape 5.

4) À mesure que la colère de ton enfant s’apaise, rappelle-lui gentiment ce que tu attends de lui. Il ne s’agit pas d’obtenir son obéissance immédiate, mais de l’inviter à continuer à partager ce qu’il ressent à ce sujet. Ce rappel en douceur aide ton enfant à recentrer son attention sur les sentiments qui sont à l’origine de sa résistance.

L’image que j’utilise dans mon esprit pendant ce processus est celle d’un enfant creusant un tunnel à travers une dune de sable. Son travail consiste à continuer de creuser (en évacuant ses sentiments) jusqu’à ce qu’il traverse le tunnel et sorte à la lumière. Pour qu’il arrive de l’autre côté, mon rôle est de tenir la lampe de poche, en lui montrant : « Par là ! Tu peux arriver de l’autre côté. »

Ton enfant fait le travail tandis que tu le soutiens et lui montres le chemin.

Chaque fois qu’il travaille sur ces sentiments, il avance un peu plus loin dans la dune. Il peut retrouver son talent pour la coopération en une seule séance de Staylistening, ou cela peut prendre plusieurs séances de libération de sentiments pendant que tu maintiens l’attente. Tout travail de libération de sentiments est un bon travail. Si la dune reste toujours intacte, ton enfant continuera d’essayer de l’éviter, et sa résistance à la tâche persistera. Il lui faudra très très longtemps pour atteindre « la lumière ».

5) Si tu te retrouves à court de temps et de patience, arrête ton Staylistening. Sois assuré que tu as aidé ton enfant à commencer à briser la résistance qu’il ressent face à la tâche et que tu reviendras à ce travail la prochaine fois que tu maintiendras l’attente sur la limite.

6) Chaque fois que ton enfant travaille sur sa résistance, observe comment il exprime ses sentiments physiquement. Bâiller, pleurer, rire, transpirer, bouger son corps et même dire des choses méchantes sont des signes qu’il creuse plus profondément à travers la dune de sable. Une fois son tunnel en place, sa résistance disparaît. Quand tu maintiendras cette attente à l’avenir, il se déplacera librement à travers le tunnel ouvert pour répondre à ta demande.

7) Rappelle-toi que cette façon de fixer des limites n’a rien à voir avec l’obéissance. Tu n’as pas échoué ni fait quelque chose de mal si les pleurs de ton enfant ne cèdent pas immédiatement la place à l’obéissance, même si cela peut arriver parfois. Le temps qu’il faut à ton enfant pour dissoudre sa réaction émotionnelle face à ton attente dépend de l’intensité des sentiments ou des peurs qu’il éprouve à l’égard de ce que tu veux qu’il fasse. Dans mon cas, j’ai dû travailler sur le même problème avec mon fils pendant des jours, voire des semaines, et une ou deux fois, lorsque ses peurs étaient très profondes, pendant des mois. À chaque fois, après une explosion d’émotions bouleversante, les choses ont changé.

Par exemple, quand il était temps de quitter la maison pour aller à la maternelle comme on l’avait convenu, mon fils refusait de mettre ses chaussettes, ou traînait les pieds tout le long du trajet. Ces signes m’ont montré qu’il fallait mettre en pause le protocole « aller à la maternelle » pour que je puisse changer de cap, m’approcher de lui et créer un lien en lui offrant un contact visuel et toute mon attention.

J’ai posé quelques bases supplémentaires en commençant notre routine matinale environ 20 minutes plus tôt. Ne pas avoir à me presser m’a aidée à rester calme et patiente. Quand j’ai dit : « C’est l’heure de mettre tes chaussettes », j’ai tenu les chaussettes dans ma main. C’est souvent à ce moment-là que j’ai commencé à entendre des voix dans ma tête, me disant des choses comme : « On s’était mis d’accord hier, et si tu ne le fais pas, on va être en retard ! » ou « Mon fils, si tu ne les mets pas, tu n’auras pas ton… ».

Ce sont souvent des choses qu’on a entendues en grandissant, ou qu’on entend les autres dire. Mais ce ne sont pas des motivations utiles, alors je me suis retenue. Je me suis assise, j’ai tenu la chaussette dans ma main et je suis restée là pendant que mon enfant pleurait et protestait. Il se tortillait, mais je suis restée avec lui, en serrant son petit corps dans mes bras.

Il disait : « Non ! Je ne veux pas ! » et je répondais : « Je sais que tu ne veux pas. Tu peux mettre une chaussette. Allez, on y va – j’arrive ! »

Je ne lui ai pas mis les chaussettes de force, mais le fait de le suggérer et d’observer les réactions de mon fils m’a aidée à comprendre ce dont il avait besoin.

Garder une attente quand les autres écoutent

Quand d’autres adultes sont impliqués, ça peut devenir délicat. Attendre qu’un enfant gère ses émotions avec quelques mots ici et là de la part du parent peut être très frustrant pour les adultes. Si leur idée d’un résultat signifie répondre à l’attente – dans mon cas, ça aurait été de sortir de la maison sans faire d’histoires et de filer à la maternelle –, mon approche « à long terme » ne semblait pas « marcher ».

Ma mère m’observait et s’énervait. Heureusement, on était d’accord pour l’envoyer à la maternelle, alors je lui disais : « Merci de t’inquiéter, mais je m’en sors. Il fait beaucoup d’efforts pour arriver à un stade où il pourra apprécier l’école. Je l’ai déjà vu surmonter des moments difficiles. Ça va aller. »

Quand un « non » deviendra-t-il un « oui » ? Observer le changement

On a passé plusieurs matins à essayer de le convaincre d’aller à la maternelle, souvent en arrivant en retard, avec un frère impatient qui nous suivait d’un air morose. Et puis, un matin, son père a écouté attentivement les pleurs et les rébellions de notre fils. Mon fils était en sueur et pleurait à chaudes larmes en gesticulant frénétiquement. Puis il s’est endormi. On a décidé qu’il était trop tard pour aller à la maternelle et qu’il n’irait pas. Mais quand il s’est réveillé, il a ouvert les yeux et a dit : « Je suis prêt. » À partir de ce jour-là, il est allé à la maternelle tous les jours sans trop de résistance.

Quelques années plus tard, il a connu une réaction de peur similaire à l’idée d’entrer à la maternelle, et j’ai écouté ses sentiments de la même manière. Il refusait et refusait d’y aller, mais après avoir longuement et profondément pleuré et lutté pendant que je l’écoutais un matin, il a pu commencer à aller à l’école joyeusement et de son plein gré. Je ne sais toujours pas de quoi il avait peur ni ce qu’il traversait sur le plan émotionnel, mais je sais qu’après avoir travaillé dur sur ses émotions, il a réussi à s’épanouir pleinement en milieu scolaire.

Que faire si le comportement problématique persiste

Lorsque le comportement problématique persiste, une bonne stratégie peut être de faire une pause et de revenir sur la question plus tard, si tu le peux. Par exemple, si le trajet vers l’école le matin est difficile, essaie d’ajuster ton emploi du temps pour pouvoir prendre une journée de bien-être avec ton enfant et passer une journée à créer des liens ensemble sans aller à l’école.

Réagir avec bienveillance quand ton enfant continue de dire non

Profite de ce temps pour jouer, t’amuser et préparer un peu plus le terrain. Pour découvrir ce qui se cache derrière ses comportements, pose-toi les questions suivantes :

1) Ton enfant : quand est-ce que ton enfant a envie d’aller à l’école ? Est-ce que c’est parce que tu lui manques ? Y a-t-il quelque chose que ton enfant n’aime pas à l’école ? Y a-t-il des problèmes de santé ou d’apprentissage qui n’ont pas été abordés ? Est-ce que quelque chose a changé récemment dans la vie de ton enfant ?

2) Et toi ? Qu’est-ce que ça te fait quand il ne veut pas y aller ? Est-ce que c’est dur de dire au revoir à ton bébé ou de le voir grandir ? Est-ce que tu aimais aller à l’école, ou est-ce que tu en gardes des souvenirs moins réjouissants ? Comment les adultes de ton entourage réagissaient-ils quand tu ne voulais pas faire quelque chose ?

Une fois que tu auras pris du recul et renoué le contact, tu seras prêt à recommencer le processus. Ton enfant pourra retourner creuser dans sa dune de sable – et tôt ou tard, vous traverserez tous les deux ce tunnel pour trouver moins de résistance et plus de plaisir.

Plus de ressources pour fixer des limites avec les enfants

Savais-tu que tu peux travailler sur une légère résistance en utilisant le jeu ? Essaie ces Jeux pour les enfants qui ne veulent pas se brosser les dents et Cinq jeux pour aider les enfants qui refusent d’aller se coucher.

Keiko Sato

Source link